ÅÄÖ!

By Éléonore on 04/25/12 | Paris, Stockholm | ,

 

 

Puisque « qui se ressemble s’assemble », I Heart est partenaire du festival ÅÄÖ!. Non pas parce qu’on a tous les deux un nom imprononçable, mais parce que, tout comme nous l’avions fait dans notre numéro StockholmÅÄÖ! met à l’honneur la scène musicale suédoise. Pour sa troisième édition le festival invite à Paris, du 11 au 16 mai, têtes d’affiche (Frida HyvönenPeter von Poehl) et têtes blondes (Korallreven, This is Head). Nous vous ferons bientôt gagner des places, en attendant vous pouvez lire l’interview des This Is Head de Malmö après le saut.

Programmé au festival Popaganda 2010, sorte de Rock en Seine Stockholmois, (la street food veggie au bord de la piscine et les démos de natation synchronisée en plus), This is Head faisait un peu figure d’outsider à côté des têtes d’affiches comme Robyn, Hot Chip ou Hurts. C’est pourtant avec assurance qu’Adam, Henric, Björn et Tom ont délivré leurs titres hybrides et répétitifs, parfois instrumentaux, aussi kraut que pop ou psychédéliques. Nous les avons cueillis en sortie de scène.

Vous avez l’air claqués, d’où arrivez-vous ?

Henric : on vient de faire 6 heures de route pour venir de Malmö.

Björn : et on le fait 5 6 fois par an, c’est assez fatigant.

Pourquoi ne pas déménager ici ?

B : parce que Malmö est plus proche de Copenhague, et du reste de l’Europe, donc c’est assez pratique pour se déplacer.

H : on a un studio là-bas, où on a eu le temps de faire l’album. Il y a quelques temps tout le monde venait enregistrer à Malmö. Franz Ferdinand ou les Cardigans par exemple. Malmö est plus expérimental que Stockholm, où il y a trop de concurrence. Les salles de Malmö sont plus détendues et n’hésitent pas à programmer des groupes psychédéliques et expérimentaux. Plutôt que juste les trucs de Hipster.

Vous ne pensez pas que c’est plutôt Göteborg qui vole la vedette à la scène musicale de Malmö?

Tom : Oh ils ne la volent pas, ils ont des supers groupes.

H : Göteborg a une vraie histoire avec des artistes indie, comme Studio, ou Broder Daniel.

Quand avez-vous commencé ?

B : En 2007. Adam et Henric ont eu l’idée d’enregistrer une chanson, juste à la batterie et à la guitare, un peu psychédélique.

Adam : Une super longue chanson.

B : Je l’ai aimée et j’y ai ajouté du synthé. Et Tom a ajouté de la basse. Puis on a tous décidé de jouer ensemble.

Vous avez sorti en Suède un album qui s’appelle 0001, comme cette fameuse première chanson, c’est ça ?

H : Oui, on peut encore écrire un paquet de chansons. Quand on s’est fait booker pour notre premier festival, et on n’avait que 3 chansons prêtes. Il s’en est suivi un moment d’écriture assez dingue et intense. Mais on n’a pas eu le temps de trouver un titre aux chansons. Donc on les a appelés par ordre chronologique. C’est devenu une habitude. Mais je trouve aussi que c’est très graphique, ça rend bien.

Ce ne sont pas des titres de travail ?

T : non, elles ont des titres de travail qui sont des vrais titres et on les débaptise quand elles sont finies pour leur donner des numéros.

H : Ca les rend un peu plus difficiles à attraper, pour l’auditeur, ça demande un effort, je trouve que c’est bien.

Vous avez l’air un peu geeky, on sent que vous passez beaucoup de temps en studio.

H : Oui, quand on est en studio on plonge. On passe de nombreuses heures sur les chansons.

On vous colle déjà un certain nombre d’étiquettes. Björn, que penses-tu de cette comparaison avec Bono ?

B : Je n’en suis pas très heureux. Mais si les gens le pensent… Les bloggeurs et journalistes qui écrivent des chroniques veulent quelque chose de facile à identifier.

H : Je pense que le truc  U2 a plus à voir avec la batterie et les guitares. De là à écrire, comme on l’a lu « c’est comme s’ils jouaient des vieux inédits de U2 »… Quoique de mon point de vue, je trouve que les premiers U2 étaient super bons.

Mais en termes de structure il y a un fossé.

H : c’est vrai. Mais je pense que c’est normal que les gens disent qu’on a un peu de ci, un peu de ça, kraut, pop, disco minimal, de toutes les choses qui ont été faites ces 40 dernières années. Du psychédélisme du milieu des 60’s, des choses 80’s aussi. Quelqu’un nous a parlé du premier disque de Simple Minds. D’autres gens nous ont associé à Animal Collective, ou à la scène balearic.

Vous écoutez quoi ?

B : Il y a eu un moment où Tom, Henric et moi travaillions tous trois dans la même entreprise de sites Internet, et on n’avait pas grand chose à faire. On écoutait des tonnes de musiques, on se pitchait les nouveaux disques les uns aux autres.

T : On écoutait des nouveaux trucs des anciens trucs, tout ce qui jouait dans les festivals où on voulait aller et ainsi de suite. Aussi, on vient tous d’environnements musicaux différents. L’un va dire « oh j’aime beaucoup ce genre de batterie » et si tout le monde est d’accord on essaye. On se connaît bien musicalement.

Vous avez envie de voir qui à Popaganda ?

H : Hot Chip. Leur dernier album est très bien, et parfait pour préparer le dîner. C’est de la bonne musique de lasagne, tu peux émincer sur le beat. Sur le chemin, en voiture pour venir ici, on n’avait que 2 CD. Un de Kate Bush, qu’on a écouté pendant 2 ou 3 heures, et dont on s’est aperçus que c’était de la très bonne driving music. Le deuxième était D’Angelo, pas mal.

T : Notre prochain disque va avoir deux influences : Kate Bush et D’Angelo.

H : Tout ça pour dire que j’ai aussi envie de voir Robyn, dont je pense qu’elle a été influencée par Kate Bush. Elle est si spéciale, elle porte sa musique au degré supérieur. Elle est très créative.

Adam, j’ai remarqué que tu joues en chaussettes. Est-ce que ça fait partie des bonnes manières suédoises, c’est pour ne pas salir la scène ?

A : C’est juste pour sentir le sol.

T : Attends, on va finir sur les chaussettes d’Adam ?


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