KIKAGAKUMOYO_1

©Emma Burlet

CONCOURS : Lors du numéro I HEART Tokyo, nous avions rencontré les cinq membres chevelus de l’excellent groupe psyché Kikagaku Moyo. À l’occasion de leur venue à la Mécanique Ondulatoire le 24 juin nous vous faisons gagner des places. Pour les remporter, envoyez nous un mail mentionnant votre nom et prénom à l’adresse concours@iheart-magazine.com en répondant à la question suivante : Comment s’appelle le festival que Kikagaku Moyo a crée ? Jetez un oeil à l’article ci-dessous pour y trouver la réponse !

Kikagaku Moyo est l’une des figures majeures de la scène rock japonaise. Grâce à l’initiative d’un label et d’un festival ayant pour objectif de soutenir la scène locale, il se fait surtout remarquer par sa musique innovante, à la frontière du stoner psychédélique et de la folk indépendante. Une véritable renaissance de ce que le pays produisait dans les années 1970. Go Kurosawa, le batteur et chanteur du groupe, s’est entretenu avec nous de l’avenir de la scène underground de son pays, de l’influence de la scène américaine ainsi que du rapport entre la musique et la technologie. 

La dernière sortie du groupe date de mai 2014. Le prochain album est pour quand ?
Nous venons de finir l’enregistrement et nous sommes impatients de vous le faire découvrir.

Vous utilisez les voix comme un instrument de musique, sans leur donner plus d’importance. C’est une conception étrangère aux groupes européens, est-ce monnaie courante au Japon ?
Ce n’est pas vraiment courant au Japon, non plus. Pour être honnête, je n’ai jamais été en mesure de comprendre les paroles d’une chanson, même si elles sont en japonais. Si elles ont une mélodie, elles deviennent simplement une partie du morceau. Je préfère lire de la poésie pour profiter de la beauté des mots.

Vous n’enregistrez jamais plus de deux prises studio. Faut-il voir un lien entre votre musique et le jazz ? Suivez-vous la scène jazz de près ?
Nous procédons ainsi dans le but de capturer l’atmosphère du studio dans lequel nous enregistrons. Plus nous faisons de prises, moins nous avons d’énergie, alors on garde presque toujours la première. Quant aux groupes de jazz que nous écoutons, je pourrais citer The Fullmoon Ensemble, Yusef Lateef, McCoy Tyner et tout ce qui provient des labels Black Jazz et Tribe Records.

On entend toujours un peu du groupe CAN dans votre musique. La scène krautrock vous influence-t-elle d’une façon ou d’une autre ?
Nous adorons CAN et je pense que nous sommes effectivement influencés par la musique krautrock. Le groupe que nous aimons le plus dans le genre est Popol Vuh.

Il y a aussi un peu de Velvet sur « Kodama ». L’influence des groupes américains est-elle inévitable ?
Tomo a écrit cette chanson à l’occasion d’un séjour à la montagne. L’idée était de pouvoir marcher au rythme de la batterie. Quant à l’influence des groupes américains, je crois effectivement qu’elle est inévitable, bien que ce ne soit pas quelque chose que nous recherchions activement.

Justement, votre musique est largement connectée au thème de la nature. Vous en enregistrez les sons, vous vous rendez régulièrement à la montagne pour trouver l’inspiration… 
La nature fait partie intégrante de la culture japonaise. La ville est pleine de sanctuaires consacrés à la nature. La plupart des membres du groupe préfèrent la montagne, mais, personnellement, j’ai une relation plus véritable avec les livres que je lis. J’imagine le paysage décrit, je me projette dans le lieu et je me concentre alors sur mon ressenti. Lorsque j’arrive en studio, j’essaie simplement de le retranscrire en musique.

« Au Japon, la musique pop ressemble plus à du porno qu’à de l’art. »

Une partie de la culture japonaise est également liée aux nouvelles technologies. Que pensez-vous de la digitalisation de la musique ?
En réalité, 85 % de la musique vendue ici l’est au format CD. Malgré sa réputation, le Japon n’est pas vraiment avancé sur le plan technologique. Nous louons encore des DVD et nous envoyons des fax. Cela dit, je suis heureux de vivre à l’ère de la digitalisation, nous avons accès à toute la musique du monde. Nous profitons largement de cette numérisation avec Kikagaku Moyo. J’adore l’idée que quelqu’un puisse nous écouter à l’autre bout de la planète…

Pensez-vous que la musique psychédélique était meilleure dans les années 1970 ? 
Tous les genres étaient meilleurs, à l’époque, la musique partait dans tellement de directions. Et puis, les groupes se prennent tellement au sérieux, aujourd’hui.

Vous qui connaissez aussi la scène américaine, quelles sont les différences majeures ?
L’une des différences tient au fait qu’il n’est pas « cool » d’être musicien au Japon. Les artistes sont plus respectés dans les autres pays. Et puis, ici, la musique pop ressemble plus à du porno qu’à de l’art.

Vous avez créé le Tokyo Psych Fest, dont l’entrée coûte 500 yens (4 euros). Pensez-vous qu’il aide à l’émergence de la scène psychédélique japonaise ?
Je ne pense pas que nous soyons la seule raison derrière l’émergence d’une scène nouvelle. Nous avons par exemple remarqué la création d’une scène similaire dans le sud-est de l’Asie. Faire payer l’entrée 4 euros permet de diversifier le public, des étudiants en école d’art jusqu’aux ouvriers de la ville.

Quels groupes de rock japonais devons-nous absolument écouter ?
Minami Deutsch, Sundays & Cybele, Dhidalah et Never Young Beach.

Par Thibault Schrepel


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