Non, « Les Rencontres (égoïstes) » n’est pas le titre d’une énième appli de dating mais celui d’une exposition collective à ne pas louper ce weekend. Réunis à STATION, nouveau lieu d’expérimentation dans le 3eme arrondissement de Paris, peintres, photographes et sculpteurs de la capitale et d’ailleurs présentent leurs derniers travaux. L’occasion de découvrir de nouveaux talents made in France mais aussi d’avoir un petit avant-gout des artistes figurant dans notre prochain numéro spécial Grand Paris. Dans ce group show éclectique, on retrouvera ainsi les images oniriques de la photographe et fidèle collaboratrice du magazine Emma Burlet, les peintures surréalistes de l’audonien Johan Papaconstantino mais aussi les dessins de Safia Bahmed Schwartz, rencontrée récemment à Pantin. Multitâche, cette tatoueuse, éditrice et chanteuse fan de Booba n’expose pas son travail que sur les murs. Visible sur les écrans, notamment avec son tout dernier clip sensuel et clownesque « Danse avec moi », mais aussi sur scène au Barboteur à Pantin le 24 mai, la rappeuse à la voix douce dévoile un univers à la fois érotique et flippant, annonçant la couleur de l’EP et de la prochaine saison avec « Été (ArtCore) » qui sortira le 21 juin.

 

 

© Basic Instinct (Verhoeven, 1992)

Régulièrement associé au film néo-noir à tort, le thriller érotique a longtemps été boudé par la critique qui ne lui accordait qu’une lecture socio-culturelle minime. Pourtant, au-delà de corps brûlants de désir, c’est un regard sur la société américaine post-Reagan que nous livrent ces films. Dans son essai Le Thriller Érotique, premier ouvrage en langue française sur le genre, Linda Belhadj dresse un portrait complexe et viscéral d’œuvres telles que Basic Instinct où la performance de Sharon Stone a marqué plus d’une rétine. Sous la plume féministe de l’auteure, les personnages féminins (incarnés par Madonna, Kim Basinger ou Sharon Stone) apparaissent progressivement comme des catalyseurs des changements sociaux de l’époque : indépendantes et maîtresses de leur désir, elles rompent avec l’image de la femme soumise à son mari. Au fil de cette lecture surprenante, c’est un nouveau regard que l’on porte sur un genre qui s’est pourtant vendu au public en jouant sur l’hyper-sexualisation et le voyeurisme. Et si cela vous donne envie de vous replonger dans quelques classiques, rendez-vous le 16 mai au Christine 21 à partir de 20h pour une projection de Eyes Wide Shut (Kubrick, 1999) suivi d’un échange avec Linda Belhadj. // While erotic thrillers have often been mistaken with films noirs, they turn out to be reflecting on the US society a lot more than we thought. It is under Linda Belhadj’s pen that we discover those movies are actually deeper than what some critics regularly defended: instead of solely being a display of lust and bodies burning from desire, movies like Basic Instinct show us independent women who are not afraid to come take what they desire. Even though producers emphasized on hyper-sexualization and voyeurism, Linda Belhadj’s reading keys shows us that there is more than meets the eye. And if reading her essay made you want to plunge back into some good classics, head over Christine 21 on May 16th for a special screening of Eyes Wide Shut followed by a debate hosted by Linda Belhadj herself. 

 

 

Aller au cinéma est la meilleure façon de profiter d’un film : écran panoramique, système audio à la pointe de la technologie, pop corn fraîchement soufflé… Oui mais voilà : s’il y a bien une chose que l’on regrette une fois assis sur son strapontin de velours rouge, c’est bien le confort de son canapé. Cela, Ikea l’a bien compris en proposant sa nouvelle expérience home cinema au Max Linder jusqu’au 29 avril. Plutôt que d’apporter le cinéma dans les foyers, ce sont ces derniers qui s’invitent dans les salles noires. Résultat : disparition totale des sièges traditionnels remplacés par plusieurs mini-salons Ikea pouvant accueillir 2 à 8 personnes. Côté programmation, on retrouve aussi l’ambiance des soirées plateau télé du dimanche soir avec des classiques tels que Blade Runner ou Les Tontons Flingueurs, des références cultes du cinéma français comme 8 Femmes ou Les Visiteurs, et quelques blockbusters hollywoodiens à l’image de The Revenant ou La Forme de l’Eau. De quoi satisfaire tous les amateurs du 7ème art et des couch potatoes. // Going to the movies certainly is the best way to enjoy a movie: panoramic screen, top-notch sound system, delicious buttered popcorn… Alright. But if there’s something we all miss while seating on those red velvet chairs, it is definitely the comfort of our couch. And that is exactly what Ikea is currently bringing to Max Linder from April 21st till April 29th. Away with traditional seats! Those who secured a movie ticket will enjoy the coziness of mini-lounges and sofas for 2 to 8 people. Even the choice of movies shown is reminiscent of TV parties with classics such as Blade Runner or Les Tontons Flingueurs, cult French movies 8 Femmes and Les Visiteurs and even an entire night dedicated to superheroes. A delight for any 7th art lover or couch potato!

 

 

Tandis que les tendances de demain n’en finissent plus de défiler sur les podiums de la fashion week, les techniques de fabrication des vêtements, elles, font du sur place. Entre conception artisanale et production à la chaine dans les usines, les marques ne semblent pas se mobiliser pour d’autres alternatives. C’est sans compter sur Napapijri qui présente en off de la nouvelle Design Week de Milan le futur de la mode. Spécialisé à l’origine dans le sportswear grand froid, la marque italienne a progressivement ouvert son vestiaire a un plus large public, moins avide de randonnées dans la neige mais sensible au design technique et soigné, signature du label. Sous forme de collection capsule expérimentale, le nouveau projet dévoile 19 pièces casual et monochromes dont l’innovation réside dans la conception numérique. Rien à voir avec l’impression 3D, il s’agit ici d’une technique de tricot futuriste contrôlée par un logiciel. Réalisé sur une seule machine, le vêtement est tricoté à partir d’un seul fil, permettant ainsi d’éviter les déchets de matières premières. En d’autres termes, fini le gâchis et les chutes de tissus. Au delà d’une production responsable, cette nouvelle collection intitulée Ze-Knit entraine du même coup une consommation plus réfléchie qui se ressentira sur l’empreinte carbone. Visible à Milan jusqu’au 22 avril, les pièces seront ensuite produites à la demande, personnalisables et livrées en 24h à partir de septembre 2018. // During Milan Design Week, Napapijri announced Ze-Knit, its cutting edge line of digitally knitted urban future wear. This experimental collection displays nineteen monochrome software-knitted items, limiting both fabric waste and the number of seams necessary to construct the garment. The collection will be available starting september 2018.

 

 

© Emma Burlet

Quand elle ne parcourt pas les rues du monde pour I Heart, Emma Burlet multiplie les projets. Tout juste rentrée de Barcelone pour notre dernier numéro, elle présentera du 20 au 22 avril l’exposition « Périmées » aux Fusains, dans l’ancien studio montmartrois de Joan Miró. En articulant ses trois séries « Phoenix », « Spondias Dulcis » et « Screenshot Safari », elle explore le film photographique et sa péremption, son instabilité et son caractère éphémère. C’est à travers ses silhouettes fantomatiques, qui semblent échapper à l’objectif, et ses altérations chromatiques, que se révèle toute la technique de l’artiste dont le travail envoûte et surprend. Et si vous souhaitez accrocher chez vous l’un de ses clichés empreints d’onirisme, ceux-ci seront disponibles à l’achat. // When she’s not traveling around the world with us, Emma Burlet is far from idle. After shooting our latest issue‘s fashion editorial, the photographer will showcase her exhibition « Périmées » at the Fusains from April 20th till 22nd. Centered around her three series « Phoenix », « Spondias Dulcis » et « Screenshot Safari », she explores the photographic film and its expiry, its instability and his fleeting aspect. It is through her ghostly figures escaping her lens, her chromatic alterations and her overexposed pictures that all her technique unravels. And if you’re as enchanted as us by her work, it will be on sale during the exhibition!

« Périmées », du 20 au 22 avril aux Fusains, 18 rue Tourlaque, Paris 18e


  • Out Now

  • Ad

  • Newsletter

  • We Heart You

  • Follow Us

  • Ad